Les robes des chats ont un code : tabby, écaille de tortue, colourpoint

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Un pelage de chat n’a rien d’aléatoire. Derrière chaque motif se cache une combinaison de gènes bien identifiée, que les éleveurs et les organismes officiels classent avec une précision qui surprend souvent les propriétaires de chats de gouttière.

Le tabby, la robe la plus répandue au monde

Le motif tabby désigne les rayures, marbrures ou taches qui dessinent la robe d’une grande partie des chats domestiques, qu’ils soient de race ou non. Ce patron résulte d’un gène dominant qui s’exprime sous plusieurs formes : le tabby tigré aux rayures nettes, le tabby marbré aux dessins en spirale, le tabby tacheté ou encore le tabby ticheté, où chaque poil porte plusieurs bandes de couleur alternées, visible surtout chez les races proches du chat sauvage originel.

Ce fond génétique est si répandu qu’il persiste souvent en filigrane même chez des chats à la robe apparemment unie, visible parfois seulement sur la queue ou le visage sous un certain éclairage. C’est l’un des motifs les plus anciens et les mieux documentés de la génétique féline.

Le tabby tigré, souvent appelé mackerel, dessine des rayures fines et parallèles qui rappellent une arête de poisson, tandis que le tabby marbré, ou blotched, forme de larges volutes continues sur les flancs. Ces variations ne relèvent pas de races différentes : un même chaton peut hériter d’un patron ou de l’autre selon la combinaison exacte transmise par ses deux parents, y compris au sein d’une portée entièrement issue de chats de gouttière sans pedigree.

L’écaille de tortue, un jeu de chromosomes

La robe écaille de tortue mélange le noir et le roux en larges plaques irrégulières, un résultat direct de la génétique des couleurs liées au chromosome X. Cette particularité explique pourquoi les chats écaille de tortue sont presque exclusivement des femelles : il faut deux chromosomes X portant chacun une couleur différente pour produire ce mélange, une combinaison qu’un mâle, porteur d’un seul X, ne peut reproduire que dans de très rares cas d’anomalie chromosomique.

Quand ce mélange s’accompagne de larges zones blanches, on parle de robe écaille et blanc, une variante tout aussi courante qui suit la même logique génétique de base. Cette rareté relative des mâles écaille de tortue, souvent stériles lorsqu’ils existent, en a fait une curiosité entourée de croyances populaires dans plusieurs cultures, sans qu’aucune ne repose sur un fondement scientifique vérifié.

Le colourpoint, une couleur qui dépend de la température

Le LOOF recense officiellement le colourpoint parmi les patrons de robe reconnus pour la confirmation des chats de race, aux côtés du tabby, de l’écaille de tortue et de l’unicolore.

Ce classement, consultable sur le site du LOOF, décrit un patron caractéristique du Siamois et de plusieurs autres races : un corps clair et des extrémités plus foncées — masque, oreilles, pattes, queue. Ce contraste s’explique par une enzyme sensible à la température, plus active sur les zones du corps les plus froides, ce qui fonce la couleur du poil précisément aux extrémités les moins irriguées.

Un chaton colourpoint naît d’ailleurs presque entièrement clair, la coloration des extrémités se développant progressivement dans les premières semaines à mesure que le pelage pousse et que ces zones périphériques restent exposées à une température plus basse que le reste du corps.

Pourquoi ce vocabulaire compte au-delà de l’esthétique

Connaître ces codes aide à comprendre la génétique transmise par les parents, utile pour anticiper la robe probable d’une portée, mais aussi pour repérer certaines associations connues entre couleur et santé, comme la surdité parfois associée aux chats blancs aux yeux bleus. Ce vocabulaire structuré, loin d’être réservé aux éleveurs, permet simplement de mieux lire son propre chat et de comprendre pourquoi deux chatons d’une même portée peuvent arborer des robes très différentes.

Cette diversité de robes rejoint d’ailleurs une diversité de tempéraments propre à chaque race, un sujet que nous développons dans notre rubrique Chiens de Race à propos des standards officiels qui, pour le chien comme pour le chat, séparent toujours l’apparence des critères de caractère.


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